Création artistique

Démarche

La pratique artistique de Mohamed Ben Soltane prend racine dans les différents contextes dans lesquels il opère et a pour cadres théoriques les études culturelles et postcoloniales, la pensée critique ainsi qu’une réflexion sur les conditions socio-économiques de l’artiste.

Le travail de Ben Soltane a connu plusieurs phases depuis 2004. L’importance d’éveiller le regard était une des premières questions qui a occupé l’artiste. En photographiant les tâches, les signes et les gestes inscrits dans les murs de la ville de Tunis, Mohamed a saisi à la fois la force poétique et le cri de liberté qui caractérisait son pays d’origine dans une période pré-révolutionnaire. Les murs de Tunis parlent (2004-2009) a été primé par la Commission Européenne et exposé dans 17 pays méditerranéens.

Les matériaux les plus ordinaires et les supports les plus insolites ont été un terrain de jeu très fertile avec plusieurs séries et expositions comme « Zhez », une exposition sur le trousseau de mariage (2012).

La question de la transmission, de l’écriture d’une histoire de l’art décolonisée et de la préservation de la mémoire, ont été les points de départ de plusieurs œuvres marquantes comme « Merci pour le musée », « Effet Placebo » et « Hommage à El Mekki ».

En 2011, Mohamed Ben Soltane réalisa sa première exposition internationale en solo à Barcelone où il a pu expérimenter le dessin et la peinture à partir de tâches et où il a rassemblé pour la première fois des projets comme « Effet Placebo » qui critiquait l’absence de liberté de la presse en Tunisie ainsi que l’oppression vécu par la population.

L’artiste fait appel à plusieurs techniques et médiums avec une prédilection pour les matériaux pauvres et la technique de la mosaïque qu’il a appris de son père.

Après la désillusion des premières élections libres et démocratiques en Tunisie (2012), gagnées par un parti opportuniste, revanchard et incompétent, qui a conduit la société au bord du précipice, l’artiste a senti le besoin d’injecter de la joie dans son art. Il changea sa casquette d’artiste critique à celle de l’artiste enchanteur. Le vert turquoise, le bleu outremer, le doré et le rouge baiser ont remplacé les bruns et les gris comme dans un acte de résistance positive.

La peinture peuplée de personnages mi-humains, mi-animaux, s’habillant des motifs et de la texture de toiles soigneusement choisies devient un terrain de jeu aux possibilités infinies. Le vocabulaire plastique inventé par l’artiste devient contagieux et s’étend sur tout se qu’il trouve sur son passage, toiles, mobilier, chaises, etc.

Pastel sec sur ardoises 100x60cm 2014

Pastel de nata

Acrylique sur toile

Epidemic

Café sur papier 90x90cm

Café-in

Bisou

King, acrylique sur toile 90x90cm

King

Black and White, acrylique sur toile, 120x170cm

Black and White